Conduire en claquette : que dit le Code de la route ?

Conduire en claquette : que dit le Code de la route ?

Les beaux jours arrivent, vous montez dans votre voiture en claquettes pour aller à la plage ou faire une course rapide. Mais une question revient souvent : est-il interdit de conduire avec des tongs, des sandales ou des chaussures ouvertes ?

La réponse est moins directe qu’on pourrait le croire. Le Code de la route ne cite pas précisément les claquettes parmi les équipements interdits. En revanche, il impose au conducteur de rester constamment en mesure d’effectuer toutes les manœuvres nécessaires. Et une paire de claquettes peut parfois empêcher de conduire correctement.

Voici ce que vous devez savoir avant de prendre le volant les pieds en mode vacances.

Le Code de la route interdit-il clairement les claquettes au volant ?

Non. Aucun article du Code de la route ne mentionne spécifiquement les tongs, les claquettes, les sandales ou les chaussures à talons. Vous ne trouverez donc pas de phrase indiquant : « Il est interdit de conduire avec tel ou tel type de chaussures ».

La règle applicable se trouve principalement à l’article R412-6 du Code de la route. Celui-ci prévoit que le conducteur doit être constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent.

Cette obligation concerne notamment :

  • la maîtrise du volant ;
  • l’utilisation rapide des pédales ;
  • le maintien d’une bonne visibilité ;
  • la capacité à réagir en cas d’urgence ;
  • la liberté de mouvement nécessaire pour contrôler le véhicule.

En clair, ce n’est pas la claquette en elle-même qui pose problème. C’est le risque qu’elle se coince sous une pédale, glisse du pied ou empêche le conducteur de freiner correctement.

Pourquoi les claquettes peuvent-elles être dangereuses ?

Une claquette tient rarement bien au pied. Elle peut se déplacer lorsque vous appuyez sur l’accélérateur ou le frein. Dans certains cas, elle reste coincée derrière une pédale. Le conducteur doit alors perdre quelques secondes pour la remettre en place.

Sur la route, quelques secondes suffisent pour parcourir plusieurs dizaines de mètres. À 50 km/h, une voiture avance à près de 14 mètres par seconde. Si votre pied glisse au moment où un piéton traverse ou lorsqu’un véhicule freine devant vous, la situation peut rapidement devenir dangereuse.

Les risques les plus fréquents sont les suivants :

  • le pied reste bloqué sous la pédale de frein ;
  • la claquette se retourne et empêche d’appuyer correctement ;
  • le pied glisse entre deux pédales ;
  • le conducteur appuie sur la mauvaise pédale ;
  • la réaction est retardée lors d’un freinage d’urgence.

Le risque est encore plus important avec des tongs très souples, des chaussures trop grandes ou des modèles équipés d’une semelle épaisse. Une chaussure ouverte qui reste bien fixée au pied peut être moins gênante qu’une claquette qui se détache à chaque mouvement.

Quelle sanction en cas de conduite dangereuse en claquettes ?

Si un agent estime que vos chaussures vous empêchent de maîtriser correctement votre véhicule, il peut vous verbaliser sur le fondement de l’article R412-6 du Code de la route.

Cette infraction relève généralement de la deuxième classe. Le montant de l’amende forfaitaire est de 35 euros. Il peut être ramené à 22 euros en cas de paiement rapide, ou majoré à 75 euros en cas de paiement tardif.

La verbalisation n’est toutefois pas automatique. Un contrôle ne donne pas systématiquement lieu à une amende simplement parce que vous portez des claquettes. L’agent doit généralement constater une gêne ou une situation susceptible de compromettre votre sécurité ou celle des autres usagers.

Par exemple, une paire de sandales qui reste bien en place ne sera pas forcément considérée comme problématique. À l’inverse, une claquette coincée sous la pédale au cours d’un contrôle ou après une manœuvre dangereuse peut attirer l’attention des forces de l’ordre.

Dans les situations les plus préoccupantes, l’immobilisation du véhicule peut également être envisagée. Cette mesure reste exceptionnelle et dépend des circonstances. Elle peut notamment être décidée si le conducteur n’est manifestement plus en mesure de conduire dans des conditions normales de sécurité.

Peut-on perdre des points pour avoir conduit en claquettes ?

La conduite en claquettes, prise isolément, ne donne pas lieu à un retrait automatique de points. L’infraction liée au défaut de maîtrise du véhicule est généralement sanctionnée par une amende, sans retrait de points sur le permis de conduire.

Attention toutefois : si les claquettes provoquent un comportement dangereux ou un accident, d’autres infractions peuvent être retenues. Le conducteur peut alors faire face à des conséquences bien plus lourdes selon les faits :

  • non-respect d’une priorité ;
  • conduite dangereuse ;
  • blessures involontaires ;
  • dégradation d’un véhicule ou d’un équipement public ;
  • mise en danger d’autrui dans les cas les plus graves.

Le problème ne vient donc pas seulement de l’amende de 35 euros. En cas d’accident, la question principale sera de savoir si le conducteur pouvait réellement contrôler son véhicule au moment des faits.

Que se passe-t-il avec l’assurance en cas d’accident ?

Porter des claquettes ne suffit pas, à lui seul, à faire perdre automatiquement ses garanties d’assurance. Les assureurs ne refusent pas systématiquement d’indemniser un accident parce que le conducteur portait des chaussures ouvertes.

En revanche, les circonstances de l’accident peuvent être examinées. Si une expertise montre que la chaussure s’est coincée sous la pédale et que cette situation a contribué à l’accident, l’assureur peut rechercher une faute de conduite.

Les conséquences dépendent alors du contrat et de la responsabilité retenue :

  • les dommages causés aux tiers sont en principe pris en charge par la responsabilité civile obligatoire ;
  • l’indemnisation de vos propres dommages peut être réduite ou refusée selon votre niveau de garantie et les exclusions prévues au contrat ;
  • une franchise peut rester à votre charge ;
  • le sinistre peut entraîner une augmentation de la prime ou un malus si votre responsabilité est engagée.

Chaque dossier est différent. L’assureur étudie le constat, les témoignages, le rapport d’expertise et les circonstances précises. Une chaussure retrouvée coincée sous une pédale peut donc devenir un élément du dossier.

Après un accident, évitez de minimiser les faits ou de modifier les éléments présents dans l’habitacle. Prenez des photos, remplissez le constat avec précision et prévenez votre assureur dans le délai prévu au contrat, généralement cinq jours ouvrés.

Et pour conduire pieds nus ?

La conduite pieds nus n’est pas expressément interdite non plus. Pourtant, elle peut poser les mêmes difficultés que les claquettes.

Le pied peut glisser sur la pédale, surtout si la semelle est humide. La pression exercée peut également être moins efficace ou moins précise. Après une baignade, conduire pieds nus avec les pieds mouillés augmente encore ce risque.

Un conducteur pieds nus peut donc être verbalisé si les forces de l’ordre estiment qu’il n’est pas en mesure d’effectuer les manœuvres nécessaires dans de bonnes conditions. Là encore, ce n’est pas l’absence de chaussures qui est sanctionnée, mais le défaut de maîtrise éventuel.

Les autres chaussures à risque au volant

Les claquettes ne sont pas les seules chaussures à surveiller. Certaines chaussures fermées peuvent aussi gêner la conduite.

  • Les chaussures à talons hauts : elles modifient l’angle du pied et peuvent compliquer le dosage du frein ou de l’accélérateur.
  • Les chaussures très épaisses : elles réduisent la précision et peuvent faire appuyer simultanément sur plusieurs pédales.
  • Les bottes rigides : elles limitent les mouvements de la cheville.
  • Les chaussures trop larges : elles peuvent accrocher deux pédales à la fois.
  • Les chaussures détachées : des lacets longs ou une semelle mal fixée peuvent se coincer dans les commandes.

Le bon réflexe consiste à choisir une paire qui tient correctement au pied, possède une semelle suffisamment fine et permet de sentir les pédales. Les chaussures de conduite n’ont pas besoin d’être spécialement conçues pour l’automobile. Elles doivent simplement être stables et confortables.

Une paire de chaussures de rechange : le réflexe simple

Vous partez à la plage en voiture ? Gardez une paire de chaussures fermées dans le coffre. Vous pourrez conduire avec des baskets légères, puis enfiler vos claquettes une fois arrivé.

Cette solution est utile dans de nombreuses situations :

  • trajet entre la plage et le domicile ;
  • retour d’une piscine ou d’un centre de loisirs ;
  • conduite après une randonnée ;
  • trajet professionnel avec des chaussures inconfortables ;
  • conduite après une cérémonie avec des chaussures à talons.

Attention à ne pas laisser vos chaussures de rechange traîner dans l’espace réservé aux pieds du conducteur. Une chaussure qui glisse sous les pédales peut devenir aussi gênante qu’une claquette portée au pied. Rangez-la dans le coffre ou dans un compartiment fermé.

Claquettes et deux-roues : une prudence encore plus importante

À moto ou à scooter, les chaussures ouvertes sont particulièrement déconseillées. En cas de chute, elles ne protègent pratiquement pas le pied, la cheville ou les orteils.

Le Code de la route impose le port d’un casque homologué pour les conducteurs et les passagers de deux-roues motorisés. Le port de chaussures montantes et résistantes n’est pas toujours obligatoire pour les véhicules classiques, mais il constitue une protection essentielle.

Une simple chute à faible vitesse peut provoquer des blessures sérieuses aux pieds. Les repose-pieds, le moteur, le pot d’échappement et le bitume présentent tous des risques. Pour un trajet en scooter, privilégiez au minimum des chaussures fermées, qui tiennent bien la cheville.

Que répondre en cas de verbalisation ?

Si vous êtes verbalisé parce que vos chaussures gênaient la conduite, restez calme. Demandez quelle règle a été retenue et vérifiez les informations indiquées sur l’avis de contravention.

Vous pouvez contester une amende si vous estimez que les faits sont inexacts. La contestation doit suivre la procédure et les délais indiqués sur l’avis. Elle n’a de chances d’aboutir que si vous pouvez apporter des éléments précis : erreur matérielle, circonstances particulières ou absence de gêne réelle.

Évitez toutefois de contester uniquement en affirmant que « les claquettes ne sont pas interdites ». Cet argument ne suffit pas forcément. L’infraction peut reposer sur le défaut de maîtrise du véhicule, et non sur le type de chaussure.

Les bons réflexes avant de prendre le volant

Avant de démarrer, prenez quelques secondes pour vérifier votre installation. Ce contrôle rapide peut éviter une mauvaise surprise :

  • placez vos chaussures correctement et vérifiez qu’elles ne glissent pas ;
  • éloignez toute chaussure ou objet de la zone des pédales ;
  • séchez vos pieds s’ils sont mouillés ;
  • retirez les chaussures trop étroites, trop larges ou trop rigides ;
  • gardez une paire de rechange dans le coffre si nécessaire ;
  • ne conduisez pas si vous avez une mobilité réduite ou une gêne importante au niveau des jambes.

En résumé pratique : conduire en claquettes n’est pas automatiquement interdit, mais cela peut être sanctionné si la chaussure gêne la maîtrise du véhicule. Le Code de la route impose surtout une obligation de prudence et de contrôle. Pour éviter l’amende comme l’accident, mieux vaut donc conduire avec une paire stable, fermée et adaptée aux pédales.

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